Money money money

 

51swskrzxql-_sx195_

Il était une fois… un album de 27,5 cm x 37 cm mis en avant sur une belle étagère d’une médiathèque.
Mais qu’il a l’air beau ! Ecrit par Marie Desplechin, en plus !
Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche, pas d’enfants tendant ses petites mains avec une envie folle de le prendre.. Il est donc pour moi…

Le seul capital qui vaille, après tout ce sont les gens qui s’aiment et se rassemblent. Et la seule richesse qui mérite qu’on la considère c’est ce qu’ils sont capables de faire ensemble. Ce mariage, dans un sens, c’est la plus grosse spéculation de ma vie
(quatrième de couverture)

Le mariage, c’est un évènement. Assez important pour susciter toutes sortes de commentaires quand on est invité, surtout quand on fait partie d’une famille somme toute atypique, comme c’est le cas pour Virginie (la future mariée) et Ernesto (le futur marié).
Des personnages qui, par monologues, donnent leur avis les uns sur les autres, sur leur rapport au monde et à l’argent.
Ainsi, par regards croisés, nous découvrons les membres de cette tribu. Chacun et chacune se justifie,explique les attitudes, les pensées des autres.
Et, au final, on se rend compte que (presque) personne n’est entièrement mauvais ou détestable.

Ce superbe album, tout en nuance et subtilité, est une sorte de cauchemar pour les bibliothécaires.
Parce que quand on pense album, on pense tout suite « pour les petits » (les 0-10 ans, quoi) et qu’un album placé chez les ados ne sortira jamais. « Ouais zyva, on n’est pas des bébés » [placer ici le langage des ados dont je suis, comme vous le voyez, complètement ignorante].
Et pourtant, il est, de mon point de vue, tout à fait destiné à des collégiens/collégiennes.
Outre la longueur du texte, admirablement écrit, mais trop long et dense pour des moins de 10 ans, les thèmes abordés (mariages arrangés, pauvreté, violence liée à la finance, chômage, trafic de drogue, jardinage bio, etc.) peuvent donner cours à d’intéressantes discussions.

Oh, je n’ai pas parlé de l’illustration. Et pourtant, c’est la couverture qui m’a donné envie de feuilleter ce livre. Emmanuelle Houdart nous propose le portrait de chaque invité, comme il se perçoit et comme il est perçu. Le tout sur une seule page.
Un travail fin, une belle découverte. Si je pouvais, j’afficherais le portrait de Camil dans mes toilettes (qui sont un haut lieu d’exposition, c’est un véritable hommage, je vous prie de me croire).

Donc amis.ies bibliothécaires, s’il fallait choisir un album pour ados, je choisirais celui-là. En sachant qu’il me faudrait le présenter, le défendre auprès d’un public pas toujours acquis à ce format ci (à commencer par les parents, parfois).
Mais c’est cela qui fait le sel du métier (paraît-il) ?

L’argent/ Marie Desplechin-Emmanuelle Houdart. Ed. Thierry Magnier

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s