Imagine all the people

Il était une fois… Jacques Papier, un petit garçon qui pensait qu’il n’était pas un petit garçon comme les autres. Personne, pas même ses propres parents, ne semble lui accorder le moindre début d’attention.

Seule Fleur, sa sœur, lui témoigne de son amour et de sa compréhension, jusqu’au jour où elle s’invente un ami imaginaire, ce qui a le don d’énerver un peu Jacques. Jusqu’au jour où il comprend qu’il n’est pas tout à fait réel…
Je serais très tentée d’écrire « et là c’est le drame« , mais comme nous ne sommes pas sur une chaîne de télé à sensation (je vous laisse choisir celle qui vous convient) et aussi parce que ce n’est pas tellement le cas, et bien je ne le ferais pas. C’est dit. C’est ce qu’on appelle une courageuse prise de position, n’est-ce pas ?

confessions-d_un-ami-imaginaire-de-michelle-cuevasDe (courts) chapitres en (courts) chapitres, les confessions de Jacques nous amènent à découvrir sa véritable nature et surtout, surtout, le rôle des amis.es imaginaires dans la vie des enfants : grandir.
En quelques lignes, nous plongeons dans ce monde fascinant et pas toujours bienveillant, où les bureaux de réaffectations côtoient les réunions de amis.ies anonymes…
Ça ne m’étonnerait pas  que Disney/Pixar/autres major de votre choix, n’aient pas déjà acheté les droits en vue d’une adaptation.
On tient le pari pour 2018 ?

Quoiqu’il en soit, j’invite tout enfant déjà lecteur ou tout parent se sentant de lire un (court) chapitre à entrer dans cet imaginaire-là et pourquoi pas convoquer son propre ami.e imaginaire à écouter…

Confessions d’un ami imaginaire/Michelle Cuevas, trad de Lilas Nord. Ed Nathan. 13, 95 €

« En retard, toujours en retard » ou le livre écrit d’une perspective autre que celle d’un être humain

 » A book from a non-human perspective »

Il était une fois... une raconteuse de livre qui trouvait cela assez incroyable d’avoir une tasse à l’effigie de Peter Rabbit dans une main et le roman « Watership Down » dans l’autre.
Ce qui pourrait paraître incroyable, c’est surtout de tenir dans une seule main le roman de Richard Adams (538 pages, tout de même).
J’ai eu vite fait de poser ma tasse, avec beaucoup de délicatesse, croyez-moi. C’est que j’y tiens à cette tasse, non pas parce que c’est une tasse Wedgwood qui vaut la peau des fesses mais plutôt parce que c’est une tasse qui me vient de ma mémé, dont  la panoplie de vaisselle-Peter-Rabbit-de-chez-Wedgwood était de sortie à chaque fois que ses petits-enfants lui rendaient visite.

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Cette panoplie ci-contre dont je suis, aujourd’hui, l’héritière, donc.
Je m’égare.
Comme vous ne lisez pas ce blog pour tout connaître du monde merveilleux de la vaisselle ni celui de ma fantastique enfance, revenons-en à nos lapins, en l’occurrence « Watership Down ». 

Paru en 1972, en Angleterre, ce roman a fait passer Richard Adams du statut « de premier assistant du ministre du logement » à écrivain à temps plein.
Il s’est vendu, en un an,  un million d’exemplaires de ce livre qui est devenu depuis l’un des classiques de la littérature anglophone.
Pas mal pour une histoire de lapins, non ?  Tout commence le jour où Fyveer a un terrible pressentiment : la garenne dans laquelle il vit en compagnie de son frère Hazel, va être détruite. Il faut donc fuir au plus vite, quitte à se passer de l’autorisation de leur maître. Luttant contre leur nature si casanière et si craintive, quelques lapins acceptent cependant d’accompagner les deux frères dans leur recherche d’une nouvelle garenne.
Ainsi commence l’épopée lagomorphement homérique (je vous laisse chercher)

Au vu de l’intrigue on aurait pu s’attendre a un (gros, très gros) roman pour enfant. Que nenni. Les lapins ne sont pas de « gentilles petites bêtes », les intrigues, les questionnements sont relativement complexes. Ainsi nous découvrons tout un univers avec sa propre cosmogonie, ses règles, ses langages… S’il y a certes de l’anthropomorphisme dans les pensées et sentiments de lapins, Richard Adams s’est largement inspiré d’un livre écrit par un naturaliste en ce qui concerne leur comportement.
Nous voilà regardant le monde à travers les yeux et les sensations d’un lapin.  Monde dans lequel les vilous rôdent et qui peuvent rendre nos héros complètement sfar.

Richard Adams nous propose là un grand roman d’aventure, un vrai.
Guillaume Gallienne en fait une très belle lecture ici .

Allez, c’est pas tout ça, mais je vais aller finir mon café dans tasse Peter Rabbit.

Watership Down/ Richard Adams, trad de Pierre Clinquart. Edité par Monsieur Toussaint Louverure. 21.90 €
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