Imagine all the people

Il était une fois… Jacques Papier, un petit garçon qui pensait qu’il n’était pas un petit garçon comme les autres. Personne, pas même ses propres parents, ne semble lui accorder le moindre début d’attention.

Seule Fleur, sa sœur, lui témoigne de son amour et de sa compréhension, jusqu’au jour où elle s’invente un ami imaginaire, ce qui a le don d’énerver un peu Jacques. Jusqu’au jour où il comprend qu’il n’est pas tout à fait réel…
Je serais très tentée d’écrire « et là c’est le drame« , mais comme nous ne sommes pas sur une chaîne de télé à sensation (je vous laisse choisir celle qui vous convient) et aussi parce que ce n’est pas tellement le cas, et bien je ne le ferais pas. C’est dit. C’est ce qu’on appelle une courageuse prise de position, n’est-ce pas ?

confessions-d_un-ami-imaginaire-de-michelle-cuevasDe (courts) chapitres en (courts) chapitres, les confessions de Jacques nous amènent à découvrir sa véritable nature et surtout, surtout, le rôle des amis.es imaginaires dans la vie des enfants : grandir.
En quelques lignes, nous plongeons dans ce monde fascinant et pas toujours bienveillant, où les bureaux de réaffectations côtoient les réunions de amis.ies anonymes…
Ça ne m’étonnerait pas  que Disney/Pixar/autres major de votre choix, n’aient pas déjà acheté les droits en vue d’une adaptation.
On tient le pari pour 2018 ?

Quoiqu’il en soit, j’invite tout enfant déjà lecteur ou tout parent se sentant de lire un (court) chapitre à entrer dans cet imaginaire-là et pourquoi pas convoquer son propre ami.e imaginaire à écouter…

Confessions d’un ami imaginaire/Michelle Cuevas, trad de Lilas Nord. Ed Nathan. 13, 95 €

C’est bon de rire parfois

Il était une fois.. une pauvre petite grenouille tout déprimée parce qu’elle avait mal aux oreilles.
Je ne sais pas si vous avez déjà eu mal aux oreilles, mais, si c’est le cas, vous comprendrez aisément pourquoi la petite grenouille a l’air de porter tous les malheurs du monde sur ses frêles épaules de petite grenouille.
Sinon, tant mieux pour vous, comme vous pourrez le constater en regardant la tête de cette petite grenouille qui a41xqlhuH2GL._SX258_BO1,204,203,200_ (toujours) l’air de porter tous les malheurs du monde sur ses frêles épaules de petite grenouille.

Et que fait-on quand on est une petite grenouille et qu’on a mal aux oreilles (surtout, n’hésitez pas à me le dire si je suis répétitive) ?
Et bien, on va chez le médecin. Qui la renvoie chez le spécialiste qui la renvoie chez le grenouillo-oreilliste qui la renvoie vers le pédiatro-batraciologue qui bien sûr va la renvoyer vers un autre spécialiste.
Cela aurait pu ne plus en finir, s’il n’y avait pas eu papy Roger, rencontré au hasard d’un chemin.
« Woaw, c’est génial ! Je suis guéri ! Je n’ai plus mal aux oreilles »

Entre le dessin et le texte de Voutch, cet album est un véritable moment de plaisir de lecture à voix haute, un moment d’éclat de rire partagé par les adultes et les enfants.
On retrouve dans l’album tout le décalage entre les personnages très sérieux des dessins et le texte, ce  qui constitue ce que je nomme très pompeusement « la patte de Voutch » (expression à décliner n’importe comment avec n’importe qui, je vous le concède).

Voutch n’est pas, au départ, un auteur de littérature jeunesse. Si l’on en croit sa fiche Wikipedia, Olivier  Vouktchevitch fut d’abord « publicitaire » avant de s’intéresser au dessin humoristique. Et grand bien lui a pris de changer de profession.
Il est fort possible que vous ayez vu passer ses dessins soit dans Télérama ou Lire ou Madame Figaro ou  Le point ou Playboy ou Lui.
Oui, hum,bon, vous n’êtes pas obligé de répondre, chacun.e ses lectures, hein, hum. Bref.
Quoiqu’il en soit, si vous ne connaissiez pas, je vous invite à découvrir quelques unes de ses œuvres sur son site, vous m’en direz des nouvelles comme le dit ma boulangère.

Et parce que c’est bon de rire parfois (comprenne qui pourra) et si vous voulez savoir comment Papy Roger a soigné les oreilles sa petite grenouille… vous savez quoi faire… Il y a bien une bibliothèque ou une librairie pas loin de chez vous !

La petite grenouille qui avait mal aux oreilles/Voutch. Ed Circonflexe. 12 €

Une histoire et au dodo !

Il était une fois… une raconteuse de livres qui se promenait dans une librairie et qui tomba en presque pâmoison devant cette belle couverture :

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Alors, cette raconteuse de livre feuilleta l’album et décida de se l’offrir. Parce qu’elle a été conquise par cette petite Miyuki qui n’a pas très envie d’aller dormir : il y a tant et tant encore à faire et à voir avant d’aller se coucher. Il faut s’occuper du potager, réunir la famille escargot , mettre une belle couverture chaude au chat..
Grand-Père aura bien du mal à lui faire entendre raison !

« Miyuki, le travail est terminé.. »

L’histoire est écrite à la façon d’un, comme on dit dans le « jargon professionnel », conte – randonnée. On retrouve une sorte de refrain, une structure répétitive qui, ici, est exprimée par le Grand-Père quand il veut faire comprendre à Miyuki qu’il est l’heure d’aller dormir.
Un peu comme, mais pas tout à fait, dans le très classique « La chasse à l’ours » d’Helen Oxenbury ou encore dans le encore plus classique « L’oiseau de la cascade » de Blaise Cendrars qui sont, il faut le dire, un peu mes favoris dans le genre.
ll y en a pléthore (« Quel radis, dis donc ! »/ »La Moufle ») mais ce n’est pas tellement le moment de vous en faire une liste exhaustive, non ?

La poésie du texte de Roxane Marie Galliez est parfaitement soulignée par les dessins de Seng Soun Ratanavanh. Dans les deux cas, on y lit et voit l’espièglerie de Miyuki et la très grande patience de Grand-Père.
Oui, c’est un livre à destination des enfants, mais que les adultes ne boudent pas leur plaisir !
Et un peu de poésie avant de dormir, ça peut pas faire de mal…

Au lit Miyuki/Roxanne Marie Galliez- Seng Soun Ratanavanh- Ed. De La Martinière Jeunesse, 13.90 €
Pour les enfants de 5 à 9 ans !